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Comprendre l’Open Data

Petite prise de recul avant de rentrer dans le vif du sujet, histoire de bien discerner ce qui fait la spécificité de l’Open Data.


Cet article fait partie de notre série consacrée à l’Open Data à l’horizon 2020.


Premier constat : Ces mots sont très évocateurs.

  • Open renvoie à l’idée de libre accès.
  • Data quant à lui se réfère fortement au monde informatique.

On serait donc tenté de rechercher l’origine du concept de données ouvertes quelque part dans le siècle dernier, et pourtant… Il existe en fait plus de similitudes qu’on pourrait le croire, avec les échanges oraux puis écrits que l’être humain s’est mis à pratiquer au fil des millénaires. Après tout, à l’heure où l’on parle de zettaoctets (1021 ), n’ayons pas peur de quelques centaines d’années de plus ou de moins !

Les données : Un monopole de l’informatique ?

Que nenni ! Le recueil et la transmission de données plus ou moins brutes remonte bel et bien à des activités très anciennes : comptage de troupeau, calendriers de toutes sortes, inventaires, arpentage, astronomie, navigation, tables de calcul, etc. En définitive, il ne faut pas oublier que l’informatique est apparue en tant que solution à des besoins anciens, auxquels l’humain avait appris à répondre par d’autres moyens auparavant…

Le libre accès : Une brillante innovation de nos contemporains ?

On songera peut-être que même avec l’invention de l’imprimerie, on était très loin d’un accès ouvert, puisqu’il fallait savoir lire, trouver les ouvrages et les acquérir ou du moins obtenir un droit de consultation. Néanmoins la publication gratuite et massive d’information, écrite ou orale, ne date pas d’hier non plus : Textes de lois, publication de bans et annuaires en sont quelques exemples, dont certains remontent au moins à l’Antiquité.

De plus dans le cas de l’Open Data, la liberté d’accès est-elle si universelle et égalitaire qu’on l’imagine parfois ? Chacun à travers le monde dispose-t-il actuellement du matériel, de la connectivité et des connaissances techniques nécessaires à ces accès ? Ces prérequis sont-ils gratuits ? Evidemment non.

Alors l’Open Data : Révolution ou banalité ?

Ses concepts sous-jacents de données et de liberté d’accès et de réutilisation s’inscrivent en tout cas dans une vraie continuité historique et n’ont rien de disruptifs en eux-mêmes. Mais si nous tenions à faire ce détour par les origines, c’est pour mieux mettre en évidence ce qui fait réellement la spécificité de l’Open Data.

Une conjoncture technologique réellement particulière

Notre époque est caractérisée par des moyens de production, transfert, stockage et traitement des données totalement inédits. Et en effet, ces moyens sont à la fois révolutionnaires et disponibles à une part importante de l’humanité, peut-être même une petite majorité désormais.

Il suffit de se replonger dans l’histoire de l’informatique depuis les premiers ordinateurs jusqu’à nos jours, en passant par la création de l’ordinateur personnel, l’évolution exponentielle des capacités matérielles, l’avènement d’Internet et la digitalisation. Tout est là pour favoriser le foisonnement des données.

Néanmoins, ce contexte seul ne suffit pas. Encore faut-il que des données soient réellement mises à disposition, et que des cadres légaux soient en place afin de définir et garantir à la fois la liberté d’accès et de réutilisation, mais aussi la protection des données à caractère privé.

Des intentions clairement affirmées et suivies d’effets

Des acteurs aux motivations variées se sont reconnus au fil du temps dans l’idée de promouvoir et institutionnaliser l’ouverture des données :

  • Pour les tenants du partage de la connaissance et/ou de la transparence, un tel projet coule de source. Associations, ONG, chercheurs, influenceurs, ont produit des manifestes, des licences, outils techniques et observatoires de l’ouverture des données, qui ont constitué la trame sur laquelle a pu se développer l’Open Data.
  • Certains gouvernements ont pu y voir un moyen de dynamiser leur économie tout en modernisant leur fonctionnement démocratique et en soignant leur image de transparence. Leur contribution a fait de l’ouverture des données une norme à l’échelle des états et un élément de mesure de leur maturité démocratique. Les institutions publiques sont ainsi parmi les principaux producteurs de données ouvertes.
  • Des entreprises ont compris qu’il y avait là matière à valoriser des données à moindre coût. Par leurs réalisations, elles ont démontré l’intérêt économique de ce modèle et contribuent à le dynamiser.
  • Chercheurs, étudiants, collectivités locales, toutes sortes d’acteurs trouvent finalement des possibilités d’une incroyable diversité pour valoriser les données ouvertes, et nourrir à la fois leurs propres projets mais aussi en distribuer à leur tour les fruits de manière ouverte.

Les intérêts et efforts conjugués de tous ces acteurs ont donner corps à une vision moderne de l’ouverture des donnés, qui parvient à prendre toute la mesure de la conjoncture technologique si particulière de notre époque. C’est peut-être bien là qu’est la spécificité de l’Open Data, telle que nous la connaissons.

A suivre…

La suite de cette série sera consacrée à un état des lieux de l’Open Data à l’échelle mondiale puis à l’étude plus particulière du cas Suisse.

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